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  • Syndrome naviculaire chez le cheval : comprendre, accompagner, soulager

    Le syndrome naviculaire est l'une des causes les plus fréquentes de boiterie chronique de l'antérieur chez le cheval. Souvent évoqué, parfois mal compris, il inquiète à juste titre les propriétaires comme les professionnels. Pourtant, avec un diagnostic précis et une prise en charge adaptée — dans laquelle l'appareillage orthopédique joue un rôle clé — beaucoup de chevaux retrouvent un confort de vie et de travail durable. Dans cet article, nous expliquons ce qui se passe réellement dans le pied, pourquoi la douleur apparaît, et comment une semelle orthopédique pensée sur-mesure peut contribuer à réduire les contraintes au bon endroit. Qu'est-ce que le syndrome naviculaire ? Le terme « syndrome naviculaire » regroupe en réalité un ensemble de problèmes douloureux situés à l'arrière du pied, autour d'une petite structure : l'os naviculaire (ou os sésamoïde distal). Cet os ne travaille jamais seul. Il fonctionne avec tout un appareil : le tendon fléchisseur profond (TFP), qui glisse sur la face inférieure de l'os naviculaire avant de s'attacher sous la troisième phalange (P3) ; la bourse naviculaire, petit coussin synovial qui facilite ce glissement ; les ligaments qui maintiennent l'os naviculaire en position entre la deuxième (P2) et la troisième phalange (P3). On parle de « syndrome » plutôt que de simple « maladie » parce que plusieurs structures peuvent être touchées : l'os lui-même, le tendon, la bourse ou les ligaments — seules ou en combinaison. Pourquoi la douleur apparaît : la mécanique en jeu C'est ici que tout se joue. Lorsque le cheval pose le pied et le déroule pour repartir, le tendon fléchisseur profond se tend et appuie sur l'os naviculaire, qui se retrouve comprimé entre ce tendon et les phalanges P2 et P3. Dans un pied sain, ces forces sont absorbées et réparties. Mais lorsque l'équilibre du pied est perturbé — talons fuyants, déroulé difficile, conformation défavorable — la tension sur le fléchisseur profond augmente. L'os naviculaire est alors davantage comprimé, à chaque foulée, des milliers de fois par jour. À la longue, cette sur-sollicitation génère de l'inflammation, une usure du cartilage, parfois des modifications osseuses, et surtout : de la douleur. Le cheval cherche instinctivement à la fuir en se ménageant, ce qui modifie sa façon de poser le pied… et entretient le cercle vicieux. Comment le reconnaître ? Le syndrome naviculaire s'installe souvent progressivement. Les signaux à surveiller : une boiterie intermittente d'un antérieur, qui peut changer de côté ; un cheval qui « se raccourcit », perd de l'amplitude, bute plus facilement ; une gêne accentuée sur sol dur ou en cercle ; une tendance à soulager les talons : le cheval pose la pince en premier, campe ses antérieurs. Ces signes ne sont pas spécifiques. Seul un vétérinaire, à l'aide d'examens cliniques et d'imagerie (radiographies, parfois IRM), pourra poser un diagnostic fiable et écarter d'autres causes. C'est une étape incontournable avant toute prise en charge. Une prise en charge globale Il faut être clair : le syndrome naviculaire est une affection chronique. L'objectif n'est pas de « guérir » au sens strict, mais de gérer la douleur et ralentir l'évolution pour conserver un cheval confortable. La meilleure approche est toujours pluridisciplinaire : le vétérinaire pose le diagnostic et peut proposer un traitement médical adapté ; le maréchal-ferrant rétablit un équilibre du pied favorable et met en place un appareillage ciblé ; le propriétaire adapte le travail, les sols et le suivi au quotidien. C'est la cohérence entre ces trois acteurs qui fait la différence sur le long terme. Le rôle central de la semelle Puisque la douleur naît d'un excès de contrainte mécanique, agir sur la mécanique du pied est l'un des leviers les plus directs. Une ferrure et une semelle bien pensées visent trois choses : Faciliter le déroulé du pied (le breakover), pour que le cheval quitte le sol avec moins d'effort ; Soutenir l'arrière-pied, là où se concentrent les contraintes ; Réduire la tension du tendon fléchisseur profond, et donc la compression de l'os naviculaire. C'est précisément la logique sur laquelle repose la semelle orthopédique du Sabot Français. Un angle de compensation En intégrant un angle de compensation dans la semelle, on agit directement sur la tension du tendon fléchisseur profond. Moins sollicité, celui-ci vient moins comprimer l'os naviculaire contre P2 et P3. La conséquence est concrète : moins de contrainte sur la zone douloureuse, à chaque foulée. Un rim périphérique pour un maintien constant Une semelle n'a d'intérêt que si elle reste exactement à sa place. Une semelle qui se déplace au bout de quelques jours perd l'essentiel de son efficacité. C'est pourquoi nos semelles intègrent un rim périphérique : un rebord qui vient se loger dans le fer et verrouille la semelle. Elle reste là où le maréchal l'a posée — du premier au dernier jour du cycle de ferrure. Le soutien est donc constant, et non pas seulement présent « au début ». Du sur-mesure, conçu et fabriqué en France Aucun pied n'est identique. Chaque semelle est conçue pour le cheval concerné, et reproductible d'un cycle à l'autre. Derrière le produit, un interlocuteur compétent et français pour comprendre le besoin du maréchal ou du propriétaire et accompagner la conception de la semelle, dans notre atelier. En résumé Le syndrome naviculaire ne se résume pas à une fatalité. En comprenant son origine mécanique — un os naviculaire trop comprimé par un tendon fléchisseur profond trop sollicité — on comprend aussi pourquoi un appareillage adapté peut réellement aider : il agit là où la contrainte naît. Associée à un suivi vétérinaire et à un travail de ferrure rigoureux, une semelle orthopédique sur-mesure offre au pied un environnement moins contraint et mieux équilibré, sur toute la durée du cycle. De quoi accompagner durablement le confort du cheval. Votre cheval est concerné ? Maréchal, vétérinaire ou propriétaire, parlons-en. Contactez Le Sabot Français pour étudier ensemble la semelle adaptée à votre situation.

  • FOURBURE : Comment la semelle orthopédique peut changer les choses

    La fourbure est l'une des pathologies podales les plus douloureuses et les plus complexes à gérer chez le cheval. Si le traitement médical et le parage restent au cœur de la prise en charge, la ferrure orthopédique joue un rôle de plus en plus reconnu dans le soulagement et la récupération du cheval. Qu'est-ce que la fourbure ? La fourbure est une inflammation du tissu podophylleux, la structure qui relie la paroi du sabot à la troisième phalange (P3). En phase aiguë, elle provoque une douleur intense, une chaleur des sabots et un appui difficile. En phase chronique, la rotation ou l'enfoncement de P3 peut modifier durablement la morphologie du pied. Les causes sont multiples : surcharge alimentaire, excès de glucides, travail excessif sur sol dur, stress intense ou maladies métaboliques (syndrome de Cushing, résistance à l'insuline). Le rôle de la ferrure dans le traitement La ferrure orthopédique n'est pas un traitement en soi, mais un outil de soutien essentiel. Elle vise à : Soulager la pression sur la pointe en déportant l'appui vers les talons Soutenir la sole pour éviter l'enfoncement de P3 Réduire les contraintes sur les feuillets lors du mouvement Accompagner le re-parage progressif vers une morphologie saine La semelle orthopédique sur mesure : notre approche Chez Le Sabot Français, nous proposons des semelles orthopédiques sur mesure conçues spécifiquement pour les chevaux fourbureux. Chaque semelle est fabriquée après analyse du cas transmis par le maréchal-ferrant, en tenant compte de la radiographie de P3, de la morphologie du pied et du stade de la pathologie. Notre équipe a accompagné plus de 200 cas orthopédiques depuis le début de l'année, en collaboration avec des maréchaux-ferrants et des vétérinaires partout en France. Ce que comprend notre semelle fourbure Appui de fourchette intégré pour soulager la sole Répartition optimisée des charges Compatible avec la pose de silicone de remplissage Disponible en version podotrochléaire pour les cas naviculaires associés Travailler en équipe : maréchal, vétérinaire, fabricant La gestion de la fourbure chronique nécessite une approche pluridisciplinaire. Le vétérinaire établit le diagnostic et prescrit le traitement médical. Le maréchal-ferrant assure le parage et la pose. Nous intervenons en amont pour concevoir la semelle la plus adaptée au cas spécifique de chaque cheval. Si vous êtes maréchal-ferrant et que vous avez un cheval fourbureux en suivi, n'hésitez pas à nous soumettre le cas directement. Nous étudions chaque dossier et vous accompagnons dans le choix de la solution. Quels résultats attendre ? La semelle orthopédique ne guérit pas la fourbure, mais elle contribue significativement au confort du cheval et à la qualité de sa récupération. Les retours de terrain que nous recevons font état d'une amélioration de l'appui en quelques jours, d'une meilleure mobilité et d'une réduction des épisodes douloureux. Vous avez un cheval fourbureux ? Contactez notre équipe ou découvrez notre gamme de semelles orthopédiques.

  • FOURBURE : Semelle collée avec plaque de protection amovible sur cheval fourbu : le retour de Quentin

    La fourbure est l'une des pathologies du sabot les plus délicates à gérer en ferrure. Elle impose des contraintes fortes : pas de brochage intempestif, une adaptation constante au pied en évolution, et souvent un besoin de protection de la sole. C'est exactement ce défi qu'a rencontré Quentin — et c'est ce qui nous a conduit à développer avec lui une solution sur mesure. Le problème de départ : brocher sur un pied fourbu Quentin utilisait jusqu'alors un fer à brocher classique pour maintenir une plaque de protection en aluminium sous le pied de son cheval fourbu. Cette plaque joue un rôle important : elle protège la sole sensible des contacts avec le sol, particulièrement sur les terrains durs ou irréguliers. Mais brocher sur un pied fourbu pose plusieurs problèmes. Les clous traversent la paroi du sabot à un moment où celle-ci peut être fragilisée, inflammatoire ou en pleine réorganisation structurelle. Chaque ferrure est une agression potentielle. Et retirer un fer cloué, même avec précaution, génère des contraintes mécaniques que le pied fourbu supporte difficilement. Quentin nous a donc posé une question simple : peut-on remplacer ce fer à brocher par une semelle à coller, tout en conservant la possibilité de fixer sa plaque alu à l'intérieur ? Notre solution : semelle à coller avec inserts intégrés Nous avons conçu pour lui une semelle polyuréthane à coller sur mesure, équipée d'inserts filetés intégrés. Ces inserts, noyés dans la masse du polyuréthane lors de la fabrication, permettent de visser directement la plaque de protection en aluminium à l'intérieur de la semelle — sans aucun brochage, sans toucher à la paroi du sabot. Le principe est le suivant : La semelle est collée sur le pied avec une colle bi-composant adaptée (protocole standard de ferrure collée) La plaque alu est vissée dans les inserts depuis l'intérieur La plaque reste amovible et réutilisable entre chaque repose Le système est entièrement démontable, sans agresser le sabot Le retour de Quentin après 4 semaines Voici son message, tel qu'il nous l'a envoyé : "Salut à tous. Petit message pour faire suite à mon premier retour d'expérience sur le collage des fers avec plaques alu amovibles que Nicolas m'avait produit. 4 semaines se sont écoulées. Ça aurait pu tenir les six je pense, mais comme je pars en congés, je voulais être certain de ne pas me faire avoir lors de mon absence. Franchement, hyper pratique ! Même à reposer et à nettoyer. Certains utilisent un petit dremel avec une fraise pour enlever la colle, avec la Bovi bonde, j'ai juste plié les languettes afin de générer un petit écart entre la colle et la languette. J'y ai glissé mon rogne pied et tout est venu. Parfois juste un coup de tricoise suffisait ! Moins de 20 minutes pour nettoyer les deux fers. Une fois reposés, on dirait des neufs ! Vraiment top, je suis quand même assez convaincu la réalisation de ce type de fer sur un fourbu 💪💪 La suite au prochain épisode — Quentin" Ce que ce retour nous apprend Plusieurs points ressortent de l'expérience de Quentin, et ils rejoignent ce que nous observons régulièrement sur le terrain. La dépose est simple et rapide. Moins de 20 minutes pour deux pieds, sans outil spécialisé. Quentin a trouvé sa propre méthode avec les languettes Bovi bonde et un rogne-pied — une technique qu'il a adaptée à son matériel habituel. C'est l'un des avantages de la ferrure collée sur un cheval fourbu : la dépose ne sollicite pas mécaniquement la paroi comme le feraient des tricoises sur des clous. La semelle est réutilisable. Une fois nettoyée, elle repart comme neuve. Sur un cheval fourbu qui nécessite des soins réguliers et une surveillance rapprochée, c'est un gain économique et logistique non négligeable. Le système colle dans la durée. 4 semaines confirmées, avec l'estimation que 6 semaines étaient atteignables. C'est cohérent avec les durées observées en ferrure collée standard — et c'est suffisant pour fonctionner sur le même rythme qu'une ferrure classique. La confiance s'installe progressivement. Quentin parle d'un premier retour, d'une suite au prochain épisode. C'est la réalité du terrain : on teste, on ajuste, on adapte. La ferrure collée sur fourbu demande une période d'apprentissage, notamment sur la préparation du sabot et le protocole de collage, mais les bénéfices se confirment rapidement. Pourquoi la semelle collée est particulièrement adaptée au fourbu La fourbure provoque une rotation ou un enfoncement de la troisième phalange (P3) dans le sabot. La sole devient hypersensible, parfois convexe. Le cheval souffre à l'appui sur les terrains durs. Dans ce contexte, la semelle collée présente plusieurs avantages structurels : Zéro brochage. La paroi n'est pas sollicitée mécaniquement. Pour un sabot en cours de reconstruction, c'est une différence majeure. Protection immédiate de la sole. Le polyuréthane crée une interface entre la sole et le sol, absorbant les chocs et les irrégularités du terrain. Combiné à la plaque de protection, la sole est isolée du contact direct avec le substrat. Adaptation possible au pied en évolution. La semelle collée peut être associée à des coins de redressement, des supports de fourchette ou des talons relevés selon les besoins thérapeutiques définis par le vétérinaire et le maréchal-ferrant. Absorption des chocs. Le polyuréthane absorbe les vibrations à chaque foulée, réduisant les contraintes sur les structures internes du pied — déjà fragilisées par la fourbure. Un cas parmi d'autres Ce type de solution — semelle sur mesure avec insert, plaque amovible, ferrure collée — illustre bien notre approche chez Le Sabot Français : partir du problème concret du maréchal et du cheval, et développer la pièce qui répond exactement à ce besoin. Nous ne proposons pas de catalogue figé. Nous travaillons en collaboration avec les professionnels du terrain pour concevoir des solutions adaptées à chaque cas particulier. Vous avez un cas similaire, ou un besoin spécifique sur un cheval fourbu ? Contactez-nous au 04 82 83 98 57 ou via notre formulaire — on en parle. Merci à Quentin pour son retour détaillé et sa confiance. Vous souhaitez en savoir plus sur la ferrure collée ? Consultez notre guide complet ou contactez notre équipe au 04 82 83 98 57.

  • Fer plastique, acier ou aluminium : quelle ferrure choisir pour votre cheval ?

    Acier, aluminium, polyuréthane : trois matériaux aux propriétés très différentes, trois philosophies de ferrure. Depuis plusieurs années, les semelles plastiques s'imposent comme une alternative sérieuse aux ferrures métalliques traditionnelles. Mais quelles sont les différences concrètes ? Dans quels cas faut-il choisir l'un plutôt que l'autre ? Tour d'horizon. Composition et matériaux Le fer en acier est une ferrure métallique rigide, forgée à chaud ou fabriquée industriellement. C'est la ferrure traditionnelle par excellence : sa résistance mécanique est excellente et sa mise en forme par le maréchal-ferrant est possible à chaud, sur l'enclume, en temps réel. Sa rigidité élevée en fait un matériau stable mais peu accommodant pour le mécanisme naturel du pied. Le fer en aluminium est apparu comme une alternative légère à l'acier, notamment pour les chevaux de sport et de course. Deux fois plus léger que l'acier, il réduit la masse à l'extrémité du membre. Cependant, sa résistance à l'abrasion est nettement inférieure — c'est son talon d'Achille sur les sols durs ou abrasifs — et il reste un matériau rigide qui n'absorbe pas les chocs. Le fer plastique — ou semelle plastique — est fabriqué en polyuréthane haute performance. Ce matériau viscoélastique combine légèreté, souplesse, résistance à l'usure et capacité d'absorption des chocs dans une même pièce. Chez Le Sabot Français, chaque semelle est développée en collaboration avec des maréchaux-ferrants et des vétérinaires pour répondre aux besoins réels du terrain. Les avantages du fer plastique Absorption des chocs et restitution d'énergie Le polyuréthane ne se contente pas d'absorber les vibrations : c'est un matériau viscoélastique doté d'un DRC (Dynamic Response Coefficient) élevé, ce qui lui confère une double propriété unique. À l'impact, il absorbe une partie de l'énergie du choc, protégeant ainsi les articulations, les tendons et les os des contraintes excessives. C'est particulièrement bénéfique sur les sols durs (béton, macadam) où le fer en acier transmet l'intégralité du choc sans filtrage. Mais là où le polyuréthane se distingue vraiment, c'est dans sa capacité à restituer cette énergie lors du lever du pied. Contrairement à une mousse qui dissipe l'énergie en chaleur, le polyuréthane agit comme un ressort : il se déforme à l'appui et se remet en forme au dégagé, renvoyant une partie de l'énergie dans le mouvement propulsif du cheval. Ce phénomène contribue à une foulée plus dynamique, réduit la fatigue musculaire et améliore l'efficacité locomotrice — particulièrement perceptible sur les longues distances ou en compétition. Légèreté La différence de masse volumique entre les matériaux est éloquente : Matériau Masse volumique Acier ~7 850 kg/m³ Aluminium ~2 700 kg/m³ Polyuréthane haute performance ~1 100 – 1 250 kg/m³ À volume égal, le polyuréthane est 6 à 7 fois plus léger que l'acier et deux fois plus léger que l'aluminium. Concrètement, un fer en acier de 200 g donnerait une semelle plastique équivalente d'environ 28 à 32 g. Cette réduction de masse réduit l'effort fourni par le cheval à chaque lever du pied. Multipliée par plusieurs milliers de foulées par jour, la différence est significative : moins de fatigue musculaire et tendineuse, un mouvement plus fluide et une meilleure endurance sur la durée. Mouvement naturel du pied La souplesse du plastique accompagne le mécanisme naturel du pied du cheval — la déformation de la fourchette et de la sole à l'appui — plutôt que de le bloquer. Cela favorise la circulation sanguine et la santé globale du sabot. Les avantages du fer en acier Le fer en acier n'est pas à écarter pour autant. Il présente trois atouts réels que la semelle plastique ne peut pas toujours concurrencer. Son coût. Le fer en acier reste généralement moins cher à l'achat. Pour les propriétaires avec un budget serré ou les situations où la durabilité n'est pas un critère prioritaire, c'est un argument concret. Sa transformabilité immédiate par le savoir-faire du maréchal-ferrant. C'est sans doute l'avantage le plus important. Le maréchal peut forger, cintrer, élargir, rétrécir et adapter le fer en acier en temps réel, sur l'enclume, en fonction de la morphologie exacte du pied. Cette capacité d'ajustement à la volée est unique. La semelle plastique, fabriquée industriellement ou sur mesure en amont, ne permet pas ce niveau d'adaptation spontanée sur le terrain. La rigidité pour certains cas spécifiques. Dans certaines indications thérapeutiques ou biomécaniques précises — immobilisation partielle d'une articulation, cas de pododermatite avec besoin de stabilisation stricte — la rigidité du métal peut être recherchée. C'est le maréchal-ferrant et le vétérinaire qui déterminent si la rigidité est un avantage ou un inconvénient dans chaque cas particulier. Les avantages du fer en aluminium L'aluminium occupe une place intermédiaire, souvent utilisé en sport et en course pour sa légèreté. Par rapport à l'acier, il réduit significativement la masse à l'extrémité du membre, ce qui améliore la réactivité et réduit la fatigue sur les efforts courts et intenses. Cependant, il cumule les inconvénients des deux mondes sans en avoir tous les avantages : il reste rigide comme l'acier (pas d'absorption des chocs ni de restitution d'énergie), et sa résistance à l'abrasion est la plus faible des trois matériaux — il s'use rapidement sur les sols durs. Il est également plus coûteux que l'acier et moins transformable à chaud par le maréchal. Le polyuréthane le surpasse en légèreté globale (6 à 7 fois plus léger que l'acier contre 3 fois pour l'aluminium), tout en offrant des performances d'abrasion bien supérieures. Le plastique est-il aussi résistant ? C'est la question la plus fréquente, et la réponse mérite une explication technique. Le mécanisme clé : absorption d'énergie et résistance à l'abrasion La résistance à l'usure d'une semelle dépend principalement de sa capacité à gérer l'énergie de friction générée à chaque foulée. C'est là que le polyuréthane surpasse l'acier et l'aluminium de façon contre-intuitive. Lorsqu'une surface dure (sol, gravier, macadam) frotte contre un matériau rigide comme l'acier ou l'aluminium, l'énergie de friction est concentrée en surface et provoque une déformation plastique irréversible : des micro-copeaux de matière sont arrachés. C'est l'abrasion classique. Le polyuréthane fonctionne différemment. Grâce à son comportement viscoélastique, il absorbe et redistribue l'énergie de friction sur un volume plus large, en se déformant élastiquement puis en revenant à sa forme initiale. Moins d'énergie est concentrée en un point, donc moins de matière est arrachée. C'est le même principe qui explique pourquoi les trémies en PU durent bien plus longtemps que les trémies en acier dans l'industrie minière ou agro-alimentaire. L'analogie la plus parlante reste peut-être le passage de la roue en bois au pneu. La roue en bois rigide transmettait intégralement chaque choc et s'usait rapidement aux points de contact avec le sol. Le pneu gonflé, lui, se déforme à chaque aspérité, absorbe l'énergie du choc, la redistribue et reprend sa forme Résultat : bien moins d'usure, bien plus de confort, et une meilleure adhérence. La semelle plastique applique exactement cette logique au pied du cheval : là où le fer en acier "claque" sur le sol comme une roue en bois et résonne en plus, le polyuréthane "roule" avec lui. En résumé Fer en acier Semelle plastique Fer en aluminium Absorption des chocs ✗ ✓ ✗ Légèreté ✗ ✓ ✓ Mouvement naturel ✗ ✓ ✗ Compatible silicone Selon modèle Selon modèle Selon modèle Durée de vie moyenne Elevée Moyenne-Faible Prix Faible Elevée Elevée Vous souhaitez en savoir plus sur nos gammes de semelles ? Découvrez notre catalogue complet ou contactez notre équipe au 04 82 83 98 57.

  • La ferrure collée : avantages, technique de pose et conseils pratiques

    La ferrure collée gagne du terrain dans la pratique quotidienne des maréchaux-ferrants. Alternative à la ferrure clouée, elle offre des avantages techniques indéniables dans de nombreuses situations. Voici tout ce qu'il faut savoir. Qu'est-ce que la ferrure collée ? La ferrure collée consiste à fixer la semelle plastique directement sur le sabot à l'aide d'une colle bi-composant ou cyanoacrylate, sans recours aux clous. Cette technique est particulièrement adaptée aux : Pieds à paroi fragile ou abîmée qui ne supportent pas la clouterie Chevaux en convalescence post-opératoire Jeunes chevaux dont le sabot est encore tendre Situations où une pose non invasive est préférable Les colles utilisées Colle bi-composant VETTEC (Bovi-Bond) et MUSTAD (Hoof glue) Ce sont les colles de référence pour la ferrure collée professionnelle. La cartouche double composant se mélange automatiquement à l'application via un embout mélangeur. Elle offre une excellente résistance mécanique et une bonne flexibilité une fois polymérisée. Chez Le Sabot Français, nous distribuons la gamme VETTEC Bovi-Bond 210cc et MUSTAD Hoof glue 75cc avec le pistolet et les embouts mélangeurs compatibles. Colle cyanoacrylate Adaptée aux semelles légères (type ESSENTIA-GLUE en cours de développement), la colle cyanoacrylate offre une prise rapide et une grande résistance. Elle est souvent associée à un activateur pour accélérer la polymérisation, notamment en conditions humides. Nous proposons deux viscosités : moyenne (pour les interstices) et haute (pour le remplissage). Protocole de pose complet — collage bi-composant La réussite d'une ferrure collée repose avant tout sur la rigueur du protocole. Voici les 15 étapes officielles de pose à la colle bi-composant PU. Phase 1 — Préparation du pied Étape 1 — Parer le pied Un parage soigné et équilibré est la base de toute ferrure. Le pied doit être paré à niveau avant toute autre opération. Étape 2 — Poncer la paroi Poncer la surface extérieure de la paroi du sabot pour créer une accroche mécanique optimale. La surface doit être rugueuse, propre et exempte de tout résidu gras. Étape 3 — Dépoussiérer Éliminer soigneusement toute poussière issue du ponçage en rinçant le pied avec notre nettoyant dégraissant. La moindre particule entre la paroi et la semelle peut compromettre l'adhérence. Phase 2 — Ajustement de la semelle Étape 4 — Placer la semelle sur le pied pour vérifier la tournure et les éponges Positionner la semelle à sec sur le pied pour contrôler l'alignement, la tournure et le positionnement des éponges. Cette étape est indispensable avant tout collage. Étape 5 — Tracer pour ajuster les éponges Marquer au crayon les zones à ajuster si les éponges dépassent ou ne sont pas parfaitement alignées avec la paroi. Étape 6 — Poncer les éponges Poncer les éponges de la semelle selon le tracé pour un ajustement précis à la morphologie du pied. Phase 3 — Préparation des surfaces de collage Étape 7 — Poncer les languettes Poncer les languettes de la semelle pour activer la surface et maximiser l'adhérence de la colle. Étape 8 — Nettoyer la semelle Dégraisser l'intégralité de la surface de collage de la semelle avec le nettoyant/dégraissant. Laisser sécher complètement avant de passer à l'étape suivante. Étape 9 — Nettoyer le pied Dégraisser de la même façon la paroi du sabot. Toute trace d'humidité, de graisse ou de poussière à ce stade compromet définitivement la tenue. Phase 4 — Collage Étape 10 — Appliquer la colle cyanoacrylate sur la partie de la semelle ou va reposer le pied Appliquer un fin cordon de colle cyanoacrylate sur la couverture de la semelle. Cette colle assure la prise initiale rapide et positionne la semelle sur le pied pour pouvoir travailler pied posé avec les deux mains pendant l'injection de la colle PU bi-composant. Étape 11 — Placer et centrer la semelle sur le pied Positionner la semelle avec précision, centrer et aligner. Il faut agir vite car la cyano prend rapidement. Étape 12 — Poser le pied Reposer le pied au sol pour mettre la semelle en charge et assurer un contact parfait avec la paroi sur toute la surface. Étape 13 — Finir le collage en remplissant les languettes avec la colle bi-composant Injecter la colle bi-composant (type VETTEC Bovi-Bond ou MUSTAD Hoof-glue) dans les languettes à l'aide du pistolet et de l'embout mélangeur. La colle assure la tenue mécanique définitive et longue durée. Étape 14 — Plaquer pendant 30 secondes à 2 minutes Maintenir une pression ferme sur la semelle pendant 30 secondes à 2 minutes le temps que la colle PU commence à polymériser. Vous pouvez utiliser notre papier etirable pour maintenir les languettes plaquées. Phase 5 — Finitions Étape 15 — Faire le curage ou ponçage de finition Éliminer les excédents de colle, curer les zones de débordement et poncer si nécessaire pour un rendu propre et soigné. Durée de tenue et entretien Une ferrure collée correctement posée tient généralement 5-6 semaines, soit la même durée qu'une ferrure clouée. La durée peut varier selon le sol, l'intensité du travail et les conditions d'humidité. Se former pour maîtriser la technique La ferrure collée s'apprend. Le Sabot Français organise régulièrement des journées de formation alliant présentation des produits, démonstrations pratiques et échanges entre professionnels. Ces sessions couvrent le collage, le brochage, la pose de mortaise et les bases du parage. Consultez notre page Formations pour connaître les prochaines dates. Des questions sur la technique ou les produits ? Contactez notre équipe — nous sommes disponibles du lundi au vendredi, 8h-12h et 13h30-18h.

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